vendredi, 16 mai 2008

Les francophones moins ouvert sur l'homosexualité

Les francophones sont moins ouverts que les néerlandophones concernant l'homosexualité sur le lieu de travail. Seul 41% des francophones parlent de leur homosexualité au travail, pour 62%
des néerlandophones, selon une étude présentée vendredi par le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme.

On constate également que chez les personnes homosexuelles, les femmes et les gens au niveau de formation plus élevé sont moins enclins à révéler leur orientation sexuelle au travail et que 14,4% de la population homosexuelle francophone a été victime d'acte homophobe explicite, pour 6,5% de néerlandophones. Cette étude sur la situation des personnes homosexuelles dans le monde du travail, commanditée par le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR), a été présentée dans le cadre de la journée internationale de lutte contre l'homophobie et à l'occasion de la "gaypride" qui aura lieu samedi.

135 plaintes pour homophobie en 2007
"Nous avons voulu mener cette enquête parce que l'on retrouve très peu d'éléments concernant les éventuelles discriminations sur les lieux de travail. En 2007, nous avons reçu 135 plaintes pour homophobie, dont 25 sur le lieu de travail, mais ces chiffres ne reflètent évidemment pas la situation", souligne Edouard Delruelle, directeur francophone du CECLR.

Menée auprès de 2.497 "lesbigays", âgés de 35 ans en moyenne,
l'enquête met également en évidence que 7,6% des francophones interrogés ont été, au cours de leur carrière, licenciés à cause de leur
homosexualité. 60% des personnes qui ont révélé leur
orientation sexuelle ont remarqué une amélioration au travail mais cette proportion est moindre chez les femmes et chez les travailleurs plus qualifiés.

40% des homosexuels belges ont déjà ressenti une homophobie indirecte, envers eux-mêmes ou envers la population homosexuelle en général, et cette homophobie indirecte est plus présente dans les grandes entreprises. En Belgique francophone, 33,5% ont été
témoins d'actes homophobes au travail et ce sont les hommes, plus ouverts sur leur orientation sexuelle, qui sont plus souvent exposés aux actes discriminatoires.


Il semblerait également que les hommes homosexuels gagnent un peu moins bien leur vie que les hétérosexuels, contrairement aux femmes, qui travaillent un peu plus que les hétérosexuelles, et qui gagnent ainsi mieux leur vie.

"Un impact sur la vie professionnelle"
"Les hommes n'auraient plus la tâche de "gagne-pain" et la nécessité
d'entretenir la famille. Quant aux lesbiennes, elles n'ont plus ce rôle de "servante" de l'homme et de ménage à entretenir. Elles peuvent donc se consacrer plus à leur activité professionnelle et par conséquent gagner plus", commente le professeur John Vincke, du département de sociologie de l'université de Gand, et qui a réalisé l'étude.

"Les résultats montrent que la situation des "lesbigays" dans le monde de travail n'est pas mauvaise mais le fait d'être homosexuel a un impact sur la qualité d'existence, le choix de carrière professionnelle et le cheminement", explique Edouard Delruelle

Le CECLR souhaite reconduire cette expérience régulièrement afin de
pouvoir en étudier l'évolution et mettre sur pied, à terme, un baromètre de l'égalité.


(belga/7sur7)

Publié dans Actualité gay | Commentaires (0) | Tags : homophobie, homosexualite, enquete, travail, gay, belgique | |  Facebook |

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